Mercredi 14 juin 2006 3 14 /06 /Juin /2006 17:20

14 heures 15. « Veuillez rattacher vos ceintures s’il vous plait ». Je regarde par le hublot : des étendues d’eau à perte de vue... Une mer bleue, qui scintille sous les rayons du soleil. L’avion descend, descend. Il s’approche de plus en plus de la mer. D’un coup, on aperçoit la plage. L’avion vient s’y poser. Aéroport Boukhalef, Tanger : ça y est, me voilà arrivée au Maroc. Quel atterrissage magnifique ! L’avion roule sur la piste, laissant découvrir la végétation de la région. Partout de petits palmiers, des pins, des arbres que je ne connais pas. (cf. dossier photos "attérissage") Je sors de l’appareil. Un vent fort souffle. Ca fait du bien un peu d’air. Et puis ce soleil, cette chaleur ! C’est tellement agréable. Ca change de l’Alsace… Je rentre dans l’aéroport et je me mets dans la file d’attente qui a commencé à se former. Après un petit quart d’heure voilà mon passeport tamponné.

 

 
Mahrbabik f Tanja ! Bienvenue à Tanger !

 

 
Aziz, un des responsables de la fondation Sigma – association auprès de laquelle je fais mon stage – est venu m’attendre. C’est une personne très gentille, comme tout le monde d’ailleurs ici. Après les présentations, bonjour, bienvenue, comment ça va, tu a fais un bon voyage, il me dit immédiatement : « bon, ici on dit que les gens qui viennent au Maroc ils sont marocains. Alors ça y est, tu es marocaine ! »

 
 

Avant de m’emmener là où je loge, il me fait visiter les environs à l’ouest de Tanger, aux alentours de l’aéroport. D’abord les grottes d’Hercule. Selon la légende, c’est ici que vivait Hercule quand il a séparé l’Europe de l’Afrique. La vue est fantastique : la mer se dévoile au travers d’une brèche dans la roche, dont la forme rappelle celle du continent africain mais à l’envers. Les vagues viennent se casser sur la pierre. D’ici on peut voir le soleil se coucher sur la mer. Il faudra que je revienne pour voir ça, il paraît que c’est magnifique. Je veux bien le croire !

Nous reprenons la route jusqu’au cap Spartel. C’est ici la frontière entre le littoral atlantique et méditerranéen. Un phare se dresse au-dessus d’une falaise. La vue encore une fois est splendide ! Nous nous installons dans un petit restaurant en face de la mer. Je prends un jus d’orange. Pas un jus d’orange de supermarché, non, un vrai jus d’orange pressé, avec un vrai goût d’orange ! Hummm…

Pour venir sur Tanger, nous prenons ensuite une petite route bordée de pins. A l’ombre de cette forêt, de nombreuses villas. C’est la banlieue chic de Tanger. A un moment sur notre gauche, un mur d’une longueur immense. Derrière se cache une propriété prestigieuse : celle du palais du Roi à Tanger.

Et puis soudain au sommet d’une côte, vue plongeante sur Tanger. Magnifique. Je crois que c’est le mot qui me vient le plus souvent à l’esprit en arrivant ici !

 

 

 

Et alors la conduite c’est impressionnant. Les gens doublent quand ils en ont envie. Pas quand la route est libre, non, non, quand ils en ont envie ! S’il y a quelqu’un en face, il n’a qu’à ralentir. Dans les ronds-points c’est pareil : celui qui passe c’est celui qui est le plus déterminé à passer, c’est tout… Comme dit une chanson de Hoba Hoba Spirit, « La circulation, c'est la révolution . Ma bkach code de la route, wella el code dial el moute. (La circulation, c'est la révolution. Plus de code de la route, c'est le code de la mort.) ». Et tout le monde klaxonne, tout le temps : ici, après le foot, je crois que c’est le sport national !

A chaque carrefour, pleins de policiers. Notre Sarko national il a encore du travail pour rivaliser avec les marocains, oui, oui, je vous assure !

Quand tu te gares, il y a toujours quelqu’un à proximité pour t'aider à garder la voiture, et pour t’aider à sortir lorsque tu t’en vas. Alors tu laisses une petite pièce. C’est la coutume locale. Les “parcmètres ambulants”, comme les appelle mon tuteur de stage.

Je loge dans la ville nouvelle de Tanger. Ici, des immeubles modernes. Et entre ces bâtiments, vue imprenable sur le port et la baie de Tanger. Que c’est beau !

Je rencontre Nawel, ma voisine. On discute, on fait connaissance. Elle aussi vient de France : elle suis une formation dans le social à Paris. Elle est en stage ici auprès d’une association qui s’occupe de l’insertion des jeunes de 16 à 25 ans, en leur proposant diverses activités. Ce serait bien qu’on arrive à travailler ensemble : pourquoi ne pas proposer aussi des ateliers scientifiques à ces ados ? On en discute un peu, des projets émergent. Il y aurait moyen de faire quelque chose de sympa. Inch’ Allah !

 

 

 

Après avoir rangé mes affaires et pris une petite douche, je décide de partir à la rencontre de Tanger et de ses habitants. Je remonte l’Avenue Mohammed V puis l’Avenue Pasteur. Je fais un petit tour à la banque. En ressortant ça y est, j’ai mes premiers dirhams en poche !

Je vais flâner un peu dans la médina. En passant devant un café que vois-je sur l’enseigne ? « Café de France ». Et en face ? « Café de Paris » !!??? M’aurait-on trompée, serais-je toujours en France ? Non, impossible. Ici la vie est trop différente de chez nous : il y a des milliers de gens dehors, « Salam alaïkoum, walaïkoum salam », tout le monde se salue. Les hommes au café, les femmes au marché, les gosses partout en train de jouer au foot, sur la plage, dans la rue, partout.

Et le souk : véritable carrefour humain, et poumon de l’activité commerçante. Ici on vend de tout : fruits et légumes, lunettes de soleil, et bien sûr les traditionnelles babouches et djellabas. Ca sent les épices, le poulet, les oranges, le melon, la menthe. Les marchands crient tous plus fort les uns que les autres. C’est riche en couleurs, riche en odeurs, et vivant. On en prend plein les yeux, pleins le nez et pleins les oreilles.

 

Je descends ensuite faire un petit tour sur la plage. Marcher un peu dans le sable. Et puis tremper mes pieds dans la mer. C’est tellement agréable ! Le soleil va bientôt se coucher. Il fait nuit tôt ici : à 19h30 le soleil s’en va. Deux heures de décalage avec la France.

 

 

 

Après un rapide passage par la maison, direction place Oumam. Aujourd’hui commence le festival Tanjazz : tous les soirs, pendant 5 jours, un groupe marocain vient se produire sur une des places de la ville. En plus c’est à moins de 5 minutes de là où j’habite, trop bien ! Le groupe de ce soir s’appelle Midnight Shems. C’est une bonne occasion de côtoyer les gens de la ville et de faire des rencontres : je fais connaissance avec un groupe de jeunes très sympas : Souhail, Mounir, Mehdi, Myriam, Anila, Nour. On danse, on chante. Enfin plutôt ils chantent, parce que moi je connais pas trop les paroles….

 

 
Après ce concert, je retrouve Aziz pour aller manger. Il est avec sa fille, Sana. Elle aussi est très gentille. Elle passe son bac cette année, alors là elle est en pleines révisions. Aziz me commande une assiette de poissons. Du poisson frais. Délicieux !

 

 
Ensuite retour à la maison parce que je suis un peu fatiguée, je me suis levée très tôt ce matin…

 

 
Mais c’est déjà pas mal pour une première demi-journée, non ?

Par Cécile - Publié dans : cestchouettelemaroc
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