« Regarde les cornes ». Voilà ce que signifie littéralement le nom de cette petite ville accrochée aux flans des montagnes rifaines. Pourquoi un tel nom ? Parce que les deux collines qui surplombent la ville rappellent les deux cornes d’un animal.
Chefchaouen – appelée aussi couramment Chaouen – domine une grande vallée encerclée par le Rif. Mais en fait la cité ressemble plutôt à un village de montagne.
Il est bien tôt encore lorsque je débarque dans la ville. Tout est calme, seuls quelques rares habitants sont déjà dehors. Je m’en vais me perdre au hasard des ruelles. Je monte jusqu’aux remparts qui bordent la ville dans sa partie supérieure. D’ici on surplombe toute la ville. Chefchaouen vue d’en haut. Splendide. A l’Est, la médina avec ses rues étroites, ses murs blancs et bleus. A l’Ouest, la ville nouvelle construite à l’époque du Protectorat espagnol, plus aérée. De petits minarets se dressent un peu partout. Perchée sur une colline en face de la ville, il y a même une petite mosquée qui n’est encore là que pour son aspect historique : il n’y a plus guère d’imam qui vienne y faire l’appel à la prière. La population locale l’a boudée, ayant été construite par les espagnols à la veille de la guerre du Rif.
Un hôtel 4 étoiles a été bâti au dessus des remparts. J’imagine qu’il doit être bien agréable d’habiter ses chambres, ou de prendre le petit déjeuner sur sa terrasse : on doit dominer Chaouen et tous ses alentours !
Quand je redescends, la ville s’est réveillée. Les habitants sont sortis de chez eux, les visiteurs aussi. Chaouen est en effet un lieu très renommé, et jouit toute l’année du tourisme. Elle accueille des voyageurs en tout genre. Son centre artisanal est réputé pour ses tapis et ses couvertures tissées. Aux alentours, de magnifiques collines vertes, aux sentiers bordés de cèdres, de pins, de chênes, font la joie des randonneurs.
Je m’en vais rejoindre des amis résidant à Chefchaouen. Ce sont des étudiants qui étaient en stage à l’INAS les deux semaines passées. Ils me servent de guide pour visiter la ville.
Comment décrire Chaouen ?
Peut-être avec ces vers de Baudelaire : « Ici tout n’est que beauté, luxe calme et volupté ». Le calme, oui. Pas coups de klaxons à tout bout de champs. La ville est à l’écart de la route principale, les voitures sont quasiment absentes du paysage. A quoi bon serviraient-elles ici ? Tout est à proximité de tout. La plupart des rues sont très étroites et escarpées. Souvent même dressées en marches d’escalier. Il n’y a pas de pollution dans l’air, l’atmosphère est pure et saine. Ca change de Tanger !
L’entrée dans la ville ancienne se fait par
Au centre de la médina,
A côté de
Partout autour, de petits cafés animent la place.
Avec le tourisme, l’artisanat est l’activité qui prédomine à Chaouen. On y travaille le cuir, on y fabrique tapis et rideaux, on y tresse des paniers, on y réalise des mosaïques. Et puis comme partout au Maroc, le souk occupe une place prépondérante dans l’activité commerçante. Les paysans y vendent de la menthe et des légumes. Les contrastes socioculturels sont beaucoup moins marqués qu’à Tanger.
L’architecture de la ville est originale. Un brassage des genres. De grandes portes issues de l’architecture andalouse se dressent à côté des petites portes typiques de Chaouen ; des toits plats typiques du Maroc en côtoient d’autres en V inversé, recouverts de tuiles, comme on en trouve par chez nous. Les fenêtres sont protégées par des grilles en fer forgées. Des arcs de chevauchements sont souvent bâtis entre les maisons.
En remontant vers les collines, on arrive à
Voilà, c’est tout cela Chefchaouen. Pas de monuments extraordinaires, non. Seulement ses ruelles étroites et ses points de vues exceptionnels. Ses couleurs éblouissantes et la richesse de son artisanat. La simplicité de ses habitants et son animation nonchalante. Son atmosphère paisible et ses verts coteaux. Et qui lui donnent tout son charme. Une ville sans artifices, où l’on prend un infini plaisir à flâner. Un endroit où il fait bon vivre.
Pour les photos, cf. le fichier "Chefchaouen".
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