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Mercredi 19 juillet 2006

« Regarde les cornes ». Voilà ce que signifie littéralement le nom de cette petite ville accrochée aux flans des montagnes rifaines. Pourquoi un tel nom ? Parce que les deux collines qui surplombent la ville rappellent les deux cornes d’un animal.

Chefchaouen – appelée aussi couramment Chaouen – domine une grande vallée encerclée par le Rif. Mais en fait la cité ressemble plutôt à un village de montagne.

 

Il est bien tôt encore lorsque je débarque dans la ville. Tout est calme, seuls quelques rares habitants sont déjà dehors. Je m’en vais me perdre au hasard des ruelles. Je monte jusqu’aux remparts qui bordent la ville dans sa partie supérieure. D’ici on surplombe toute la ville. Chefchaouen vue d’en haut. Splendide. A l’Est, la médina avec ses rues étroites, ses murs blancs et bleus. A l’Ouest, la ville nouvelle construite à l’époque du Protectorat espagnol, plus aérée. De petits minarets se dressent un peu partout. Perchée sur une colline en face de la ville, il y a même une petite mosquée qui n’est encore là que pour son aspect historique : il n’y a plus guère d’imam qui vienne y faire l’appel à la prière. La population locale l’a boudée, ayant été construite par les espagnols à la veille de la guerre du Rif.

 

Un hôtel 4 étoiles a été bâti au dessus des remparts. J’imagine qu’il doit être bien agréable d’habiter ses chambres, ou de prendre le petit déjeuner sur sa terrasse : on doit dominer Chaouen et tous ses alentours !

 

Quand je redescends, la ville s’est réveillée. Les habitants sont sortis de chez eux, les visiteurs aussi. Chaouen est en effet un lieu très renommé, et jouit toute l’année du tourisme. Elle accueille des voyageurs en tout genre. Son centre artisanal est réputé pour ses tapis et ses couvertures tissées. Aux alentours, de magnifiques collines vertes, aux sentiers bordés de cèdres, de pins, de chênes, font la joie des randonneurs.

Je m’en vais rejoindre des amis résidant à Chefchaouen. Ce sont des étudiants qui étaient en stage à l’INAS les deux semaines passées. Ils me servent de guide pour visiter la ville.

 

Comment décrire Chaouen ?

Peut-être avec ces vers de Baudelaire : « Ici tout n’est que beauté, luxe calme et volupté ». Le calme, oui. Pas coups de klaxons à tout bout de champs. La ville est à l’écart de la route principale, les voitures sont quasiment absentes du paysage. A quoi bon serviraient-elles ici ? Tout est à proximité de tout. La plupart des rues sont très étroites et escarpées. Souvent même dressées en marches d’escalier. Il n’y a pas de pollution dans l’air, l’atmosphère est pure et saine. Ca change de Tanger !

 

L’entrée dans la ville ancienne se fait par la Bāb el Aïn, « la porte de la source ». A l’intérieur de la médina , on trouve partout de petites fontaines, où l’on peut s’abreuver et se rafraîchir à volonté. La chaleur ici est supportable, et même agréable : Chaouen est une ville très ombragée. On y trouve de nombreux arbres, essentiellement des oliviers, des citronniers et des figuiers de Barbarie. Et puis les maisons sont très hautes et les ruelles, le plus souvent pavées, sont très étroites. C’est d’ailleurs pour cela que les bâtiments sont blanchis à la chaux : la lumière peut ainsi glisser sur les murs et pénétrer dans les rues. Un bleu pâle ou mauve recouvre la plupart des bâtisses. Il paraît que cela a pour vertu d’éloigner les moustiques. Parfois cette teinte s’étend sur toute la façade, d’autres fois seulement à hauteur d’homme. On m’explique que cela dépend de la personne qui s’est chargée du travail : dans le premier cas, cela a été réalisé par des peintres professionnels ; dans le second, ce sont les résidents de la maison eux-mêmes qui s’en sont chargés.

 

Au centre de la médina, la Plaza Uta el-Hammam. C’est sur cette place que se dresse la Kasbah , aux murs rouges crénelés. C’est ici que Abd al-Krim, le célèbre rebelle berbère du Nord du Maroc, avait installé son quartier général. C’est également là qu’il a été emprisonné après son arrestation par les Français, avant d’être exilé. L’enceinte de la Kasbah renferme des jardins andalous. Et un musée également, qui cache toute une collection d’armes anciennes, d’instruments de musique, de tapis. On peut également y contempler une série de photos anciennes de la ville et de ses habitants en costumes traditionnels. Du haut de la tour, on surplombe toute la médina.

A côté de la Kasbah s’élève la Grande Mosquée. Son originalité vient de sa tour, octogonale. Son entrée est interdite d’accès aux non-musulmans.

Partout autour, de petits cafés animent la place.

 

Avec le tourisme, l’artisanat est l’activité qui prédomine à Chaouen. On y travaille le cuir, on y fabrique tapis et rideaux, on y tresse des paniers, on y réalise des mosaïques. Et puis comme partout au Maroc, le souk occupe une place prépondérante dans l’activité commerçante. Les paysans y vendent de la menthe et des légumes. Les contrastes socioculturels sont beaucoup moins marqués qu’à Tanger.

 

L’architecture de la ville est originale. Un brassage des genres. De grandes portes issues de l’architecture andalouse se dressent à côté des petites portes typiques de Chaouen ; des toits plats typiques du Maroc en côtoient d’autres en V inversé, recouverts de tuiles, comme on en trouve par chez nous. Les fenêtres sont protégées par des grilles en fer forgées. Des arcs de chevauchements sont souvent bâtis entre les maisons.

 

En remontant vers les collines, on arrive à la Bāb el-Ansar. D’ici on a une vue plongeante sur un petit lavoir, où toutes les femmes du bourg viennent laver leur linge. On peut également observer les enfants s’amuser dans le torrent.

 

 

Voilà, c’est tout cela Chefchaouen. Pas de monuments extraordinaires, non. Seulement ses ruelles étroites et ses points de vues exceptionnels. Ses couleurs éblouissantes et la richesse de son artisanat. La simplicité de ses habitants et son animation nonchalante. Son atmosphère paisible et ses verts coteaux. Et qui lui donnent tout son charme. Une ville sans artifices, où l’on prend un infini plaisir à flâner. Un endroit où il fait bon vivre.

Pour les photos, cf. le fichier "Chefchaouen".

Par Cécile - Publié dans : cestchouettelemaroc
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Mardi 18 juillet 2006

Samedi j’ai vu Gnawa Diffusion, à l’occasion du Festival des Nuits de la Méditerranée. Le concert s’est tenu dans le magnifique décor des jardins de la Mendoubia , en plein cœur de la médina. Gnawa Diffusion, c’est un groupe d’origine algérienne, de musique gnawa avant tout (au cas où leur nom ne serait pas assez évocateur), dont les sonorités sont mêlées à celles du raï, du reggae, du rap, du jazz. Les paroles, tantôt en arabe, tantôt en français, se veulent provocatrices, un brin humoristique. Un groupe aux prises de positions bien marquées.

Je les avais déjà vu en concert à Strasbourg il y a bientôt 3 ans, mais ici l’ambiance était décuplée ! Tout le monde connaît les paroles par cœur, ça chante, ça danse, ça tape des mains au rythme d’une musique ensoleillée. Des gens de tous les âges : des bambins haut comme trois pommes, bien plus jeunes que l’âge du groupe, mais qui connaissent les chansons par cœur ; les ados qui dansent autour de la scène ; des parents qui prennent part à la fête ; et même des grands-parents. Un rassemblement des générations, une musique qui traverse les âges.

Un public en feu ! Avec une montée en puissance lors des chansons cultes du groupe : « Sabrina », « Douga Douga », « Bab el oued Kingstom ». Et pour finir en apothéose, « Je voudrais être un fauteuil ».

Et puis aussi spéciale dédicace à tous les Français avec «  La France est cool alors soyez cool avec la France  », chanson qui commence par les premières notes de la Marseillaise. Comme l’a dit le chanteur, ces derniers temps on a souvent vanté les bienfaits de la colonisation. Alors autant en profiter tous ensemble.

Après une matinée de marche et une après-midi de nage à la plage, je n’avais plus vraiment de force dans les jambes. Mais cette musique donne une seconde énergie, et j’ai dansé toute la nuit au son de leurs morceaux !

Mais l’ambiance d’un concert reste indescriptible, parce qu’avant tout ça se vit.

 

En plus j’ai fait une affaire : le billet était moitié prix pour les moins de 25 ans. Moi depuis 2 mois j’en ai 26, alors j’étais censé payé le prix fort. Mais quand je suis allée chercher mon billet, on m’a donné d’office le billet tarif jeune, sans me poser de question. Il faut croire que je fais plus jeune que mon âge. En tout cas c’est ce que tout le monde me dit ça ici. On me demande quelle est mon eau de Jouvence. Je ne sais pas, c’est peut-être grâce à vous mes amis, ma famille, qui faites tout pour que je croque la vie à pleines dents ! Même à des milliers de kilomètres…

Par Cécile - Publié dans : cestchouettelemaroc
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Mardi 18 juillet 2006

Vendredi c’était la fête nationale en France. Sauf que moi j’étais au Maroc. Alors c’était un jour comme un autre, où il fallait bosser, oui, oui.

Mais j’ai quand même pu profiter à distance de la fête : une réception était organisée au Consulat de France à Tanger, pour les personnalités du coin et pour tous les expatriés français installés ici ou de passage dans la région. Le Consul a fait un très beau discours, rétrospective de l’histoire de France, des relations franco-marocaines, en insistant sur les liens étroits qui ont toujours unis la France et le Maroc même dans une ville hispanisée comme Tanger. « Marocains et Français sont les héritiers d’une longue histoire commune ». «  La Méditerranée ne constitue pas une frontière : dans un monde sans cesse plus solidaire, elle nous rapproche plus qu’elle ne sépare ». « “Les gens votent avec leurs pieds”, disait Georges Clémenceau. De fait, chaque jour de nombreux français viennent s’installer au Maroc, pour un séjour touristique, mais aussi, de plus en plus souvent, pour participer à l’essor économique ou y profiter, tout au long de leur retraite, du ciel, de la mer, et de la cordiale hospitalité locale. Chaque jour aussi, de jeunes marocains s’embarquent pour l’Europe afin d’y parfaire leur formation et de trouver un travail conforme à leurs aspirations ».

Pour illustrer ce rapprochement, le discours s’est clôturé par l’audition de l’hymne national du Maroc puis de la Marseillaise.

Une somptueuse réception s’en est suivie dans le vaste jardin du Consulat. Des serveurs marocains étaient aux petits soins pour leurs convives, aux quatre coins du parc. Un écran de télé accroché au mur rediffusait le défilé militaire sur les Champs Elysées. J’ai vu la tête de notre Chichi national, au cas où elle m’aurait manquée… Tout cela au son des chansons du répertoire français, de toutes les époques : Aznavour, Bourvil, Trenet, Brassens, Françoise Hardy, Antoine, Balavoine, Johnny, Renaud, Goldman, tout y est passé !

 

C’était assez comique comme rencontre : le gratin de Tanger mêlé aux vacanciers français… C’est un peu comme si à la « garden-party » de l’Elysée on avait convié les touristes en visite à Paris. Mélange de deux monde : bourgeois habillés sur leur 31 et estivants en casquettes et tongs ; personnalités locales surtout là pour se montrer, et Franchouillards venus retrouver l’espace de quelques instants le goût du pays. Pour ça c’était réussi : l’occasion de se refamiliariser avec des produits bien de chez nous, de s’empiffrer de choses qu’on a perdu l’habitude de manger au Maroc : petits fours, mini-pizzas, camembert, brie, et……halouf (= porc) : un excellent jambon fumé et de délicieuses rillettes (mais pas aussi bonnes que celles de mon papa !). L’occasion aussi de boire vin rouge, bière, Pastis, Martini, Whiski, Vodka, Gin, et bien sûr……Champagne ! Bref, on en a bien profité. Après tout, ce n’est pas tous les jours qu’on picole et qu’on se remplit la panse au frais de l’Etat ! C’est même je crois la première fois que ça m’arrive, et il faut que je vienne au Maroc pour cela…

 

Voilà, ça ne valait pas un feu d’artifice ni un bal populaire les pieds nus sur la place Kléber (clin d’œil à Domitille), mais c’était tout de même un moment fort agréable et sympathique. Aujourd’hui on fait beaucoup de choses à distance avec la télé, le téléphone où l’Internet, mais il y a des choses dont on ne peut profiter qu’en les vivant. Et celle-là en fait partie !

Par Cécile - Publié dans : cestchouettelemaroc
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Mardi 18 juillet 2006

Je loge à l’INAS, un institut qui forme au domaine du social. Un domaine très porteur au Maroc, mais qui n’a rien à voir avec mon stage. C’est le seul établissement de ce type dans le pays. Alors les étudiants d’ici viennent de partout : Rabat, Casablanca, Agadir, Marakech, Mekhnès, Fès, Kenitra, ... Ici on m’a baptisée “Zoubida”. Ca sonne plus authentique dans le pays ! Tout le monde est très sympathique. Mais la fin de l’année scolaire ayant sonné et les résultats étant tombés, beaucoup commencent à repartir chez eux. Tant mieux, du coup je suis invitée partout pendant l’été ! Officiellement moi je ne suis pas en vacances mais mon maître de stage est très cool, il m'a dit que j'étais aussi là pour découvrir le Maroc, alors pas de souci pour voyager un peu et prendre quelques week-end prolongés. De toute façon je compte bien rester encore quelques temps en octobre, après mon stage, pour partir explorer d’autres régions.

La directrice de l’Institut est membre de l’association où je fais mon stage, c’est pour cela que je suis logée ici. Elle aussi est très gentille. Elle me demande tout le temps si je vais bien, si je n’ai besoin de rien, si je me suis bien adaptée au pays. De ce point de vue là pas de souci, tous les gens sont tellement chaleureux. Et le soleil tellement généreux.

Le matin je me réveille avec le chant des oiseaux. Plutôt agréable, n’est-ce pas ? Souvent on part se promener sur la plage avant d’aller travailler. Respirer l’air marin. De quoi donner de l’énergie pour bien démarrer la journée ! Et les soirées qu’on passe ensemble sont terribles : on chante, on danse, au rythme de la darbouka et au son du violon. Et quand on ne fait pas de la musique avec de vraies percus, c’est à la cantine avec les couteaux et les fourchettes. Il y a une de ces ambiances à l’heure des repas ! Même les cuisiniers chantent avec nous !

La cuisine y est plutôt bonne. Et bien sûr tous les vendredi nous avons droit au couscous. Ca ne vaut pas le couscous traditionnel préparé par les mamans marocaines mais quand même ça n’a rien à voir avec celui du Resto U de Strasbourg !… Sinon on se prépare des petits plats entre nous, ou bien encore on partage des pastèques autour d’une grande tablée.

 

Voilà, en somme je suis plutôt bien installée ici !

 

Par Cécile - Publié dans : cestchouettelemaroc
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Mercredi 12 juillet 2006

La semaine dernière je suis allée me balader dans le Parc Perdicaris, à R’milat, sur les hauteurs de la ville de Tanger. C’est une forêt qui s'étend sur 67 hectares.

La biodiversité de ce site est incontestable. On y trouve des plantes de toute sorte : flore méditerranéenne, chêne zeen (spécifique de l’environnement tangérois), plantes exotiques importées au cours du siècle précédent. Un mélange entre végétation autochtone et exotique, qui donne tout son charme à la forêt. Sa richesse floristique en fait par ailleurs une terre d’accueil pour de nombreuses espèces d’oiseaux, notamment pendant les périodes de migration.

 

 

 

D’ici on a une vue panoramique sur la mer, sur la côte alentour, et…sûrement aussi sur les montagnes espagnoles, mais le jour où j’y suis allée il y avait trop de brume pour les voir. Dommage.

 

 

 

Un château se dresse au milieu du parc. Pour le moment il n’est pas ouvert au public, il serait à rénover complètement pour que cela soit possible. Mais moi j’ai eu le privilège de le visiter ! En effet, la personne avec qui je suis allée à R’milat connaît le gardien du parc. Alors j’ai eu l’honneur d’enter dans la peau de princesse pendant quelques instants…

L’architecture intérieure est plutôt originale. Les salles se dévoilent de manière assez anarchique, les escaliers surgissent un peu partout, un vrai petit labyrinthe ! Apparemment, Ion Perdicaris se serait inspiré d’un château visité au cours de ses voyages pour imaginer la construction du sien.

Ion Perdicaris, c’est un riche entrepreneur gréco-américain. Il s’installe ici à la fin du 19e siècle, séduit par la beauté du site. En 1904, Raissouni, un brigand, le kidnappe. Il réclame en échange une forte rançon. Perdicaris étant considéré comme un citoyen américain expatrié, les USA en font une affaire d’état, et l’histoire connaît un retentissement international. Le Département d’Etat Américain envoie un télégramme à son représentant à Tanger : « this government wants Perdicaris alive or Raissouni dead ». Roosevelt, le président de l’époque, envoie des navires de guerre sur la Baie. La première intervention des USA à l’extérieur de leur territoire… La pression monte sur la ville de Tanger. La rançon est payée quelques semaines plus tard, et la libération obtenue. Une manière de montrer aux yeux du monde le pouvoir naissant de l’Amérique. Intéressant, non ? Je n’avais jamais entendu parler de cette histoire auparavant.

 

 

 

Depuis l’indépendance, ce site appartient à l’Etat. Tant mieux, il serait dommage sinon de ne pas pouvoir en profiter. C’est est le seul espace vert de Tanger. Alors tout les Tangérois viennent ici. Du coup la forêt est sur-fréquentée et se dégrade à cause des piétinements. Les incendies sont fréquents : les gens jettent leurs cigarettes n’importe où, sans prendre soin de les éteindre correctement. Lorsque nous nous sommes promenés, une odeur de brûlé flottait dans l’air par endroit, sans qu’il y ait trace de fumée. La nuit qui a suivie, plus de 200 arbres se sont embrasés…

 

 

 

Aussi les richesses patrimoniales naturelles sont menacées. Les plantes exotiques se raréfient, et risquent de disparaître. Des actions de rajeunissement et de repeuplement méritent d’être entreprises.

Actuellement un grand projet est en cours, visant à concilier protection et mise en valeur du site à l’accès à un large public. Faire de Perdicaris un poumon vert de la ville de Tanger, une zone verte et récréative pour les Tangerois, tout en l’aménageant pour préserver son patrimoine. Organiser des sentiers botaniques et didactiques pour permettre de jouir au maximum de la richesse floristique et historique et du site. Aménager des points d’observation des oiseaux, des espaces pique-nique, un circuit d’orientation, un parcours santé-sport.

 

 

Il est également prévu de créer dans le château un centre d’apprentissage sur les métiers de l’environnement, afin entre autres de promouvoir la sensibilisation sur la question.

 

 

 

 

Par ailleurs, la richesse floristique et faunistique est une véritable opportunité pour l'ouverture d’institutions scientifiques (facultés, centres de recherche...) sur l'environnement régional.

 

 

 

Les idées bourgeonnent, les moyens se concrétisent. Le moteur est en marche. Allier loisir et découverte du milieu naturel. Pour rendre ce site encore plus exceptionnel qu’il ne l’est déjà.

Pour les photos, cf. dossier "le parc Perdicaris"
Par Cécile - Publié dans : cestchouettelemaroc
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Mercredi 12 juillet 2006

Nous avons vu le match Italie-France dans un petit café à Ksar Sghir, à 30 km de Tanger. Ksar Sghir est un charmant petit village entre Tanger et Tétouan, avec une plage magnifique. Nous sommes partis à cinq, trois Français et deux Marocaines. C’est déjà là que nous avions vu le match France-Brésil. L’ambiance y était tellement exceptionnelle que nous avons décidé d’y retourner pour la finale. Et l’ambiance était bien au rendez-vous : première mi-temps dominée par l’Italie, deuxième mi-temps et prolongations dominées par la France, mais tout au long du match, tous les gens du café à 200 % derrière la France. A chaque action des Bleus, à chaque mouvement magique de Zizou, ils criaient, se retournaient vers nous et nous applaudissaient. On n’y était pour rien, mais c’était tellement adorable, tellement chaleureux. En ce qui concerne le tournant du match, c’est la loi des tirs aux buts : c’est toujours mieux que le pile ou face mais ça reste une question de chance. A quelques centimètres près, le tir de Trézéguey aurait pu ressembler au penalty de Zidane. Mais c’est comme ça, c’est le mektoub comme on dit ici. Et comme ils auraient partagé avec nous une victoire des Français, les habitants de Ksar Sghir ont partagé leur défaite. Tout le monde était désolé pour nous, « la prochaine fois Inch’ Allah ».

Dommage que Domeneck ait effectué ses 3 changements au terme des prolongations. J’aurais aimé que Coupet soit dans les cages pour les tirs au buts. Ca n’aurait peut-être rien changé mais c’est un grand gardien lui aussi, et il aurait mérité de jouer quelques minutes dans ce Mondial.

 

 

 

Au delà de la défaite, cette finale aura aussi été marquée par le carton de Zidane. Dommage que le parcours d’un si grand joueur se termine ainsi. Mais franchement c’était mérité. Je ne sais pas ce que lui a dit l’Italien, mais quel geste pitoyable de la part du capitaine des Bleus, de l’emblème national du football français… Il a voulu jouer les taureaux, on lui a montré le rouge. Avec tout le respect qu’on lui doit, hchouma alik (la honte sur lui).

 

 

 

Pour me consoler du résultat de ce match, je me dis que j’aurais trop regretté d’être au Maroc si la France avait gagné. Le Mondial de 98 m’est remontée à l’esprit. Quelle ambiance partout dans les rues après la victoire ! Une fête nationale avant l’heure.

 

 

Et quand même on est Vice Champions du Monde. Qui aurait parié là dessus au début du Mondial ? Bravo la France. Et bravo l’Italie.

Par Cécile - Publié dans : cestchouettelemaroc
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Mercredi 12 juillet 2006

Il erre seul, vêtus de loques et les pieds nus. Le visage balafré par la misère. Le corps déformé par la malnutrition. Il tend la main dans l’espoir de récupérer quelques dirhams. Il a quitté ses parents, qui n’avaient pas de quoi subvenir aux besoins de toute la famille. Il a fuit violence et pauvreté à la maison, pour les retrouver dans la rue.

La rue, son seul refuge. Il y est contraint à la mendicité. S’il a de la chance ( ??!!!), il y deviendra vendeur ambulant de chewing-gum et de cigarettes de contrebande à l’unité.


Cette histoire ne s’écrit pas au singulier. C’est une histoire plurielle. C’est celle de milliers de gamins semblables à ce petit garçon. Des gosses qui n’ont pas 10 ans. Des enfants qu’on a oubliés et qui s’agglutinent dans le port de Tanger, les yeux rivés sur les collines espagnoles de l’autre côté de la mer. Ces montagnes qui les attirent tel un aimant. L’Eldorado européen semble à portée de main.

Alors on les voit le soir ramper dans les camions, ou bien essayer de rejoindre à la nage un navire en partance. Pour franchir ces précieux 14 kilomètres qui les séparent du soi-disant paradis. « Harraga ». Mais la Sécurité marocaine veille… Et quand un enfant se fait prendre, pas de pitié avec lui. On le frappe comme si c’était un chien , à coups de pieds, à coup de poings. Cela fait vraiment de la peine à voir, d’autant plus que l’on est impuissant devant ces actes.


C’est cela aussi la réalité du Maroc. Pas seulement les belles plages de sable fin et les paysages ensoleillés qu’on nous montre à la télé. Mais ça, on ne le raconte pas. On le cache, on en a honte. Ou peut-être même pas. Tout simplement on ignore ces enfants…

Pourtant, comment rester insensible à ce fléau ? On pense bien leur donner une petite pièce, mais est-ce vraiment les aider ? Que vont-ils faire de cet argent ? Acheter de quoi manger un peu, certes, mais aussi dépenser leur maigre recette dans la drogue. Pour oublier. Pour partir.

 


L’autre jour j’ai vu une pièce de théâtre qui pointait le problème de la misère au Maroc. C’était celle d’une femme très pauvre, qui avait deux fils. L’un boitait, l’autre était malade mental. Le premier allait quémander dans la rue avec sa mère, pendant que l’autre attendait dans un coin qu’on lui ramène de quoi manger. La mère et son fils suppliaient des yeux les riches gens de la ville. Mais ceux-là les regardaient de haut, avec mépris. Oui avec mépris, cela se passe vraiment comme ça ici. Un jour, une dame – sûrement une assistante sociale – a emmené avec elle le petit garçon “valide”. Elle l’a inscrit dans une école. Il y a appris à lire et à écrire. Il a troqué ses lambeaux contre de beaux vêtements. Il a trouvé un bon travail, et a ramené de l’argent à sa mère et à son frère handicapé.

C’était vraiment très très bien joué. Une pièce qui donne à réfléchir. Sans texte. Mais le silence est parfois bien plus éloquent que les mots.

C’était très émouvant, très touchant, très …… je ne sais pas. Bouleversant. En fait je n’arrive pas à trouver les mots pour exprimer ce que j’ai ressenti.

Et même si cela est je crois un peu utopique pour le moment, c’est un premier pas vers une prise de conscience. On constate, on se dit qu’il faut agir. Trouver des solutions pour améliorer la condition des plus démunis. Chacun à son niveau peut apporter sa pierre à l’édifice, pour construire pas à pas un avenir meilleur, aux enfants de la rue et à leur famille.

Par Cécile - Publié dans : cestchouettelemaroc
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Mercredi 12 juillet 2006
Le week-end dernier nous sommes allés aux alentours de Chefchaouen, nous promener dans les montagnes du Rif. C’est à deux heures de route de Tanger. Je suis partie avec un responsable d’une des associations que j’ai eu l’occasion de rencontrer au cours de mon stage (Hassan), un collègue à lui (Nordine), et ma voisine Nawel.

C’était magnifique. A commencer par le trajet : une petite route serpente dans une vallée, au cœur des montagnes rifaines. Les paysages sont grandioses, on se sent tout petit. Des villages tout mignons bordent la route de ci de là. Tout est très sauvage.

 

 

 

Sur place, un guide propose de nous emmener vers les cascades. Il s’appelle Wahid. C’est un petit garçon de 10 ans. Eh oui, ici le travail des enfants n’a rien de surprenant. En l’occurrence lui a 4 frères et sœurs et est le seul de la famille à travailler… C’est un gamin adorable, qui connaît la montagne par cœur : les sentiers camouflés derrière les feuillages ; les lagons insolites cachés derrière les rochers ; le nom de tous les arbres et de toutes les plantes. Il gambade sur les chemins, sautille de pierre en pierre pour traverser les torrents, se faufile entre les branches. Il est tout maigre mais quelle énergie ! Il me fait penser à « Manon des sources ».

 

Ici ça respire la nature. Les senteurs sont exceptionnelles : des odeurs de menthe sauvage se mêlent à celles des fleurs et des plantes aromatiques. Les grillons chantent, les serpents sifflent, les oiseaux gazouillent. L’eau des torrents est si transparente, si claire, si pure… A boire sans modération !

 

A l’arrivée, une cascade de plus de 50 mètres. 3 heures de marche pour l’aller et idem pour le retour, mais vraiment ça en vaut le détour !

 

Des jeunes préparent un tagine sur les graviers, pendant que d’autres jouent de la darbouka et chantent tout en fumant le kif. Je croyais que c’était un loisir réservé aux papys du Maroc, il faut croire que non !

 

L’eau est glacée mais on s’y baigne avec plaisir. On profite du soleil, qui rend le site encore plus féerique. On partage le tagine avec les jeunes qui nous ont invité à se joindre à eux. Délicieux. On a déjà manger, là ce n’est que de la gourmandise…

 

Puis il faut prendre la route du retour : il reste à faire le chemin en sens contraire, avant la tombée de la nuit. Redescendre tout ce qu’on a monté, remonter tout ce qu’on a descendu. Entre autre une pente de sable noir très abrupte qu’on a monté pendant 5 minutes à l’allée. En la redescendant, c’est plus du ski qu’autre chose. Tout le monde glisse. En plus on est beaucoup à la descendre en même temps, les jeunes rencontrés à la cascade ont pris la route avec nous. Alors ça n’arrange pas les choses : on se bouscule, on se fonce dedans, c’est l’euphorie générale ! Arrivés en bas nos visages sont tout noirs. Du coup on en profite pour faire une petite pause baignade dans le torrent et nettoyer tout ça. Et puis c’est reparti. Un peu plus loin on rencontre des camarades de Wahid. Le soleil n’est pas encore trop bas, on a le temps de rester un petit moment avec eux.

 

Toute la balade se fait dans la joie et la bonne humeur. Arrivés à la voiture on est crevé mais avec des images plein la tête. Quelle promenade splendide !

Pour les photos, cf. dossier "les environs de Chefchaouen"
Par Cécile - Publié dans : cestchouettelemaroc
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Mercredi 14 juin 2006

Un mois que je suis arrivée à Tanger, mais j’ai l’impression que ça fait déjà une éternité. Je connais la ville par cœur (enfin presque…), et je me plais vraiment beaucoup ici. Je me suis bien imprégnée du climat local, à tous les points de vue.

 

Tanger, ville de contrastes, aux multiples facettes. La mer côtoie la montagne ; les riches côtoient les pauvres ; les voitures flambant neuves côtoient les vieilles caisses délabrées ; les odeurs d’épices côtoient les odeurs d’égouts.

La pauvreté est un fléau ici : il y a les gens qui fouillent dans les poubelles pour trouver à manger ; ceux qui te supplient dans la rue pour que tu leur donnes quelques dirhams ; et partout des marchands de cacahuètes ou de maïs grillé, et de petits gamins qui cherchent à te vendre des chewing-gums, des cigarettes ou des kleenex.

 

 Tanger, ville cosmopolite et multiculturelle de part son histoire et la position géographique : ça parle l’arabe, le français, l’espagnol, l’anglais.

 

 Tanger, première ville d’Afrique pour une petite française comme moi ; mais dernière ville d’Afrique pour beaucoup de gens qui cherchent à émigrer vers le « paradis européen ».

 

 Tanger, ville en construction : partout des trottoirs défoncés et des maisons en ruine, mais partout des chantiers et des hommes au travail. Un espèce de taudis situé près de la place Oumam (pas loin de chez moi) s’est transformé en un véritable petit jardin depuis que je suis arrivée : après un travail acharné des ouvriers et jardiniers, les marches et les murets ont été refaits, des fleurs ont été plantées, c’est devenu un coin vraiment mignon. Tanger se prépare à accueillir les touristes qui vont arriver en masse d’ici quelques temps…

 

 Le Grand Socco aussi est en pleine reconstruction. Je crois que c’est la place de Tanger la plus fréquentée de la ville, située à l’entrée de la médina.

Un peu plus bas se trouve le petit Socco. C’est le noyau de la ville entouré de petits cafés et de vieux hôtels. Il s’y dresse une grande mosquée. C’est très animé, surtout le soir.

Et puis le café Hafa : c’est l’endroit que je préfère à Tanger je crois. C’est un café très ancien, qui existe depuis 1921. Il est accroché à une falaise et installé sur de petites terrasses, à l’ombre de grands arbres. Tous les Tangérois le connaissent. Ils viennent y jouer aux dames ou gratter quelques accords de guitare. D’ici la vue est superbe : on surplombe les toits des maisons, où le linge sèche aux côtés des paraboles ; on est face à la mer et aux montagnes espagnoles ; on aperçoit des bateaux sur la mer ; les mouettes crient au-dessus de nous ; on rêve d’horizons lointains.

J’ai visité aussi quelques musées. Ici, l’entrée est fixée à 10 dirhams (moins de 1 euro…), quand ce n’est pas gratuit : rien à voir avec chez nous !

 

 Sinon je pense que je vais revenir en France avec des mollets en béton : Tanger est une ville en relief, ça monte et ça descend sans arrêt, et je marche beaucoup, pour ne pas dire tout le temps : c’est tellement agréable par ce temps magnifique ! Il y a bien des bus, mais ont-ils vraiment un trajet fixe ? des horaires fixes ? Pas sûr… Il y a des taxis aussi. Les petits taxis et les grands taxis. Je n’ai pas encore bien cerné la différence entre les deux, mais je crois que les petits taxis tu peux les prendre n’importe où pour aller n’importe où, alors que les grands taxis partent d’une station pour aller à une autre station. Les petits taxis sont le plus souvent de vieilles 205 ou Fiat Uno ; alors que les grands taxis (Mercedes), c’est sûr que ce n’est pas Uno : il est normal de trouver 4 personnes à l’arrière et 3 à l’avant !

Il y en a énormément, partout, tout le temps. Je crois qu’ils se multiplient… C’est comme les téléboutiques ou les cybers : on en trouve tous les 20 mètres !

Sinon pour mes courses c’est pratique, il y a un supermarché juste en face de chez moi, ouvert 7j/7 de 9h à 22h : « Acima », cela dépend de la filiale Auchan (histoire de ne pas être trop dépaysée…). Et derrière, une petite épicerie où les prix sont dix fois moins chers. C’est le monde à l’envers ici !

Je m’habitue aux marques et aux produits locaux. Je mange beaucoup de fruits et de légumes, ils sont tellement bons ! Et puis aussi les épices, les olives, les crêpes marocaines. Quant à l’eau en bouteille, ce n’est pas Contrex, Evian ou Volvic, non : ici c’est Sidi Ali, Sidi Harazem, Oulmes.

Et puis bien sûr il y a le souk. Ici, le marchandage est un rituel quotidien. Tout se négocie. Alors c’est parti : « bchhāl ? (c'est combien ?) ». Là on va te proposer un prix largement plus élevé que celui auquel on veut te vendre les choses. Alors tu marchandes (merci à mes amis marocains de Strasbourg de m’avoir appris à compter en arabe : ça sert trop ici !!!). Jusqu’à ce que tu arrives à un point d’entente : « Yalla, saafi. Choukrane ». Mais de toute façon ici c’i pas chiér

 

 

 

 Les journées sont ponctuées par l’appel à la prière 5 fois par jour. Mais à part ça, le temps n’a pas grande importance. Surtout ne pas trop presser les gens, ce n’est pas dans leurs habitudes. Simplement vivre au rythme du pays. Dans la joie et la bonne humeur.

L’hospitalité et la générosité semblent sans limites. Avec tous les gens que je rencontre : Tu es française ? Ca te plait ici ? Bienvenue au Maroc ! Les Tangérois m’invitent tous chez eux à prendre le thé ou à venir manger. Refuser serait les vexer. Alors du coup j’ai déjà eu l’occasion de déguster des tajines de toutes sortes. Et un excellent couscous aussi. Et d'autres spécialités locales : sfa (je ne sais pas comment ça s'écrit mais c'est vraiment délicieux), harira (soupe marocaine), pastilla, ... Quant aux non-Tangérois, ils m’invitent à leur rendre visite là où ils habitent, pendant les mois de juillet ou août (beaucoup de mes voisins et voisines ne sont à Tanger que pour leurs études).

 

 J’apprends à parler marocain un peu plus tous les jours. Surtout avec Youssef, le petit cousin de Souhail, parce que du haut de ses 3 ans il ne sait pas encore parler le français, alors pas le choix ! C’est un petit bout de chou trop mignon. Avec le rythme dans la peau : dès qu’il entend de la musique, il chante, il danse, il prend n’importe quoi en guise de percu et fait l’animation : à croquer !

 

 Les touristes n’ont pas encore débarqués mais ça ne devrait pas tarder. Par contre ça y est, les moustiques ont colonisé ma chambre. Tous les soirs ils me chantent une berceuse (bzzzz bzzzz), pour m’endormir avant de me dévorer. Les blattes aussi viennent me rendre visite de temps en temps. C’est sympa surtout quand elles débarquent au milieu de la nuit et qu’elles viennent me chatouiller dans mon lit ! Heureusement que j’ai grandi à la campagne et que j’ai l’habitude des petites bêtes. Mais là quand même ce sont des petites bêtes un peu grosses…

 

 Quant à mon stage, il se passe bien. Je rencontre plein de gens, je vais à la pêche aux infos un peu partout. Mais les gens ont un peu du mal à lâcher les infos parfois. Heureusement que je suis stagiaire, ça aide. Et française en plus. Du coup y’a moyen de négocier. Eh oui, comme je le disais, tout se négocie ici, même les infos. Et puis il y a Saïd aussi, mon tuteur de stage : si je dis que je viens de sa part c’est bon. C’est mon visa ici ! Le piston c’est bien connu, ça marche partout, mais ici je crois encore plus qu’ailleurs.

Et puis les ordinateurs et l’Internet fonctionnent au rythme du pays, il ne faut surtout pas les presser sinon ça bug. C’est pas que ça marche lentement, je dirais que ça marche leeeeennnnnteeeeeeeemeeeeeeennnnnnnt… Mais on s’adapte !

 

 Voili voilou pour aujourd’hui. A bientôt  pour de nouvelles histoires !

 

Pour les photos, cf. dossier "vues de Tanger"

Par Cécile - Publié dans : cestchouettelemaroc
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Mercredi 14 juin 2006

Le lendemain je me réveille à 6 heures du matin : je fonctionne encore à l’horaire français. Mais le soleil brille déjà dans le ciel, et les oiseaux chantent. C’est magnifique leurs chants, ce ne sont pas les mêmes que par chez nous.

Je décide d’aller faire un petit tour sur la plage. Partout des jeunes jouent au foot, avant de partir à l’école.

Je rentre prendre mon pti déj. A 10h Aziz vient me chercher. Il m’emmène visiter le local de Sigma, là où je fais mon stage. Sana et deux de ses amies viennent pour réviser quelques notions de chimie organique avec lui. Parce qu’Aziz est prof de physique-chimie dans un lycée. Ca me rappelle des souvenirs tout ça. Mais ça va, je n’ai pas encore tout oublié.

Nous allons ensuite prendre un jus d’orange au café Picasso, où nous rejoint Abdelhakim, une autre personne de la fondation Sigma, lui aussi prof de physique-chime. On discute un peu de mon projet de stage, de la France , du Maroc. Puis nous prenons la voiture pour faire un petit tour dans Tanger. On passe devant le lycée français puis le collège français. Nous nous arrêtons dans un petit resto en face, où quelques profs de ce collège sont déjà en train de manger. Ici je ne suis pas trop dépaysée : ça parle français, car les enseignants d’ici viennent essentiellement de chez nous. Aziz et Hakim retournent dans leur lycée pour donner leurs cours, tandis que moi je vais me balader dans d’autres quartiers de Tanger. Je n’ai pas de plan, rien du tout, mais c’est assez facile de s’orienter, j’arrive à ne pas me perdre.

Le soir, je retourne au festival, où je retrouve mes nouveaux amis. Le chanteur de ce soir est Rachid El Garrab 7tet. Il y a beaucoup de monde, plein de gens qui dansent et qui chantent. Quelle ambiance !

 

 

 

 

Vendredi, je fais connaissance avec Saïd. C’est lui mon tuteur de stage. C’est également le vice président de la fondation Sigma. Il vient me chercher pour assister à une journée de conférence sur l’environnement. Parce que c’est un vrai problème de société au Maroc, et à Tanger en particulier : la plage ici est très polluée car les eaux d’égouts s’y déversent.  Mais un projet est en cours avec une société française pour changer tout ça. Des actions sont également envisagées pour protéger et mettre en valeur les zones côtières, ainsi que pour éduquer les gens à l’environnement et les sensibiliser au respect de la nature.

Le problème de ce genre de rencontres, c’est que ça se passe comme en France et même pire : de beaux projets, de belles paroles, mais peu d’actions concrètes…

 

 

 

Nous allons ensuite prendre un thé à la menthe dans un café près de la plage tangéroise. C’est très mignon, avec de beaux décors à la marocaine : les grands canapés, les arabesques et mosaïques au mur et au plafond, les plateaux en cuivre.

Nous cherchons ensuite Mohammed Semlali à la gare. C'est le président de la fondation Sigma. Il vit à Rabat mais c’est un tangérois d’origine, très attaché à sa ville. Il m'invite avec Saïd dans un petit resto au centre-ville, manger un bon tajine de kefta. A déguster avec du pain et ses doigts, bien sûr. Comme le dit Mohammed, « la fourchette, je ne sais pas si quelqu’un l’a utilisée avant moi. Mes doigts, je suis sûr qu’il n’y que moi qui m’en suis servi ! »

Nous allons ensuite discuter argent chez Zinedine. C’est qu’une cité des sciences, il faut de quoi la financer !!! Alors ça parle affaire, autour d’un thé à la menthe. Atay diel nanā comme on dit ici. Servi selon la tradition bien sûr : les petits verres, la théière en métal, le thé servi d’un geste ample et souple, de bas en haut puis de haut en bas. Le bruit de fontaine, la petite mousse blanche qui se forme à la surface, le parfum de la menthe qui montent dans les narines. Puis on déguste ça du bout des lèvres.

 

 

Le soir je retourne au festival pour voir aujourd’hui Fouad Hani : Toujours la même ambiance, les gens qui chantent et qui dansent partout sur la place. Après le concert, petit tour sur la plage : il fait tellement bon !!!

 

 

 

 

Samedi, journée plage. On se baigne, on bronze, on joue au foot. Il fait vraiment bon, et le temps est clair : on distingue très bien les côtes espagnoles de l'autre côté de la Méditerranée. Le soir, fidèles au RDV, nous retournons au festival Tanjazz. Le groupe de ce soir s'appelle Mazagan. Il y a encore plus de monde que d'habitude. Peut-être parce que c'est samedi. Et peut-être aussi parce que ce groupe est vraiment génial ! C'est la folie ce soir : l'ambiance des jours précédents multipliée par 10 !!!

 

 

 

Dimanche matin je vais à la pêche avec Aziz. Pas de grasse mat’ aujourd’hui : départ à 6h, si si, je vous assure ! Mais le soleil est lui aussi déjà levé, alors pas de problème. Nous allons d’abord prendre le petit déjeuner à Assilah, une charmante petite ville qu’il faudra que je retourne visiter. Au menu : thé à la menthe bien sûr, avec du pain marocain à tremper avec de l’huile d’olive. Ca change des traditionnels croissants-pain-beurre-confiture de chez nous !

Nous partons pêcher pas loin. La plage est grande, propre et calme. En tout cas pour le moment : durant la période estivale, il parait qu'elle sera envahie par les touristes. Nous rencontrons des élèves de Aziz. C'est lui qui les a initiés à la pêche. La récolte est moyenne car il y a trop de vent. Seulement quelques daurades. Et aussi un petit requin d’une vingtaine de centimètres, que nous rejetons à la mer. Il aura encore quelques beaux jours devant lui.

De retour sur Tanger, je pars au festival. Aujourd’hui, c’est la clôture, alors il y a un grand défilé dans la rue dès le milieu de l'après-midi. Puis 3 groupes enchaînent sur la place Oumam : Gnawa Express, Smoky Joe Combo, Barry. Toujours cette ambiance de feu. Ca va me manquer !

Demain les choses sérieuses commencent : j'ai mes premiers rendez-vous pour mon stage. Mais j'ai pu déjà bien profiter de la vie tangéroise !!!

Par Cécile - Publié dans : cestchouettelemaroc
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